L’envolée des prix alimentaires en France

Laon, le 13 avril 2022. La question du pouvoir d’achat au coeur de l’élection présidentielle de 2022. À la rencontre d’électeurs sur le parking de deux supermarchés. SUR LA PHOTO: Vue générale sur le parking de Carrefour.

Des pâtes aux farines, l’envolée des prix alimentaires partie pour durer

L’explosion des prix s’est poursuivie au mois d’avril et la situation géopolitique, ainsi que les répercussions de la crise sanitaire, devrait maintenir la pression pendant plusieurs mois.

Jusqu’à quel point l’envolée des prix des denrées alimentaires va-t-elle être supportable par la population ? Si la question se pose avec encore plus de gravité dans les pays pauvres, elle est aussi sur la table en Europe ou sur le continent américain.

Et en France, les chiffres délivrés récemment par l’IRI (Information Resources, Inc.) traduisent les observations empiriques des consommateurs : les produits de grande consommation ont ainsi progressé de 2,9 % entre avril 2021 et 2022, encore plus pour les produits alimentaires. Mais c’est en regardant de plus près que les inquiétudes se comprennent. En douze mois, le prix des pâtes a ainsi bondi de 15,31 %. D’autres produits consommés en masse culminent également : moutardes (9,26 %), huiles (9,98 %), farines (10,93 %), viandes surgelées (11,34 %).

«Situation totalement inédite»

«Nous vivons une situation totalement inédite car il faut remonter à plus de trente-cinq ans pour avoir de tels taux d’inflation», résume dans les Echos Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, le syndicat des distributeurs. Qui ajoute : «Si on additionne les hausses résultant des négociations commerciales de début 2022, la hausse des coûts de distribution, avec l’énergie, et l’effet des renégociations en cours, la hausse des prix des produits alimentaires pourrait être comprise entre 7 % et 10 %.» De manière plus globale, l’Insee a d’ailleurs estimé lundi une inflation en hausse de plus de 5 % en mai et de 5,4 % en juin, avec des prix alimentaires qui pourraient augmenter encore une fois de 6,3 % le mois prochain.

Une envolée qui devrait d’ailleurs se poursuivre dans les mois qui viennent. Dans le Parisien, le président des supermarchés Système U, Dominique Schelcher, a convoqué l’exemple de l’Espagne ou de l’Allemagne pour estimer que l’inflation pourrait grimper jusqu’à 10 %, «du fait, notamment, du coût de l’énergie». Le mois d’avril a malgré tout vu une brève accalmie pour les prix des matières premières agricoles. L’indice des prix a en effet légèrement reculé après des mois de fortes hausses. Une accalmie que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’empresse de relativiser. Car si l’indice des prix mondiaux a baissé, c’est essentiellement grâce à ceux de l’huile de palme, «principalement sous l’effet de la faiblesse des importations mondiales due aux coûts élevés, ainsi que de l’affaiblissement des perspectives concernant la demande en Chine», explique l’agence.

Baisse du nombre d’achats

Mais la décision la semaine dernière de l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme au monde, d’interdire les exportations afin de contenir la flambée des prix sur le marché intérieur ainsi que les pénuries risque de provoquer une nouvelle flambée. Ce week-end, pour montrer la détermination de Jakarta, la marine indonésienne a d’ailleurs saisi un tanker sortant de l’huile de palme du pays. Même situation pour les céréales, qui ont elles aussi connu un léger recul. Mais le chaos en Ukraine, avec les ports bloqués, les récoltes compliquées et les silos qui ne peuvent se vider, devrait de nouveau tendre le marché, ce qui pourrait être encore plus dramatique dans des pays comme l’Egypte ou le Liban, très dépendants du blé produit par Kyiv.

Néanmoins, cette hausse des prix n’est pas entièrement due à la guerre en Ukraine. «Au global, cette inflation est liée à des événements qui se sont produits en 2021, notamment la pandémie du coronavirus qui a entraîné une hausse des coûts des transports et des emballages. Il y a toujours un temps de latence entre les augmentations des cours des matières premières et leur répercussion dans les points de vente», explique dans le Figaro Emily Mayer, qui travaille à l’IRI.

Comment réagissent les consommateurs ? Plusieurs grandes enseignes, comme Carrefour, Auchan ou encore Casino, constatent à la fois une baisse du nombre d’achats mais aussi des produits moins chers consommés de manière plus importante. Une situation qui ne s’arrête pas à l’Hexagone : selon l’institut de recherche commerciale allemande IFH, 30 % de la population affirme vouloir limiter ses achats, produits alimentaires inclus.

par Damien Dole  www.liberation.fr
Zone commerciale de Laon (Aisne), le 13 avril. (Stéphane Lagoutte/Myop pour Libération)

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