Transport collectif | La situation financière est « intenable »

Malgré la récente bouée de sauvetage du gouvernement, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) lance un nouvel appel à l’aide, anticipant un manque à gagner d’un demi-milliard. Près de quatre ans après l’arrivée de la COVID-19, plus d’un usager sur cinq n’est toujours pas remonté à bord du transport collectif, ce qui laisse planer le spectre de fortes compressions dans les prochaines années.


Publié à 0h54

Mis à jour à 5h00

« La situation financière est intenable au niveau du transport collectif. Ça va nous prendre une solution où tout le monde contribue, parce que la somme est tellement importante que personne à lui seul ne pourra la résorber », avoue le directeur général de l’ARTM, Benoît Gendron, en entrevue avec La Presse.

Dans un document prébudgétaire préparé par l’Autorité, qui sera rendu public au cours des prochains jours, on apprend d’emblée que la fréquentation des quatre principaux réseaux de transport de la région métropolitaine – Montréal, Laval, Longueuil et exo sur les couronnes – se situe actuellement à environ 77 %.

En 2023, ce chiffre était en moyenne de 74,6 %. Il avait chuté à 46 % en 2020, en pleine pandémie, puis à 44 % en 2021, avant de remonter graduellement à 63 % en 2022. Cela dit, le soir et la fin de semaine, l’achalandage moyen grimpe à 90 %. Le Réseau express métropolitain (REM) n’est pas inclus dans ces données.

Bref, le nombre d’usagers stagne, ce qui veut dire que le défi financier sera immense.

Sans les effets de la pandémie sur l’achalandage, les revenus tarifaires de l’ARTM « seraient de l’ordre de 1,2 milliard en 2025, alors qu’ils ne seront que de 891 millions », écrit l’organisme dans son rapport. Ces revenus atteindront plus de 1,3 milliard, mais seulement en 2040, selon les projections actuelles.

« C’est une nouvelle réalité. On estime qu’il va y avoir une croissance de l’achalandage de 1 à 2 % par année si on ne pose pas de gestes. Par contre, si on investit dans de nouveaux services, pour chaque pourcentage d’augmentation d’offre de service, on va aller chercher la moitié de nouvel achalandage », dit M. Gendron.

Des revenus en chute libre

La donne a en effet beaucoup changé. En 2019, les revenus tarifaires représentaient 31 % du financement des dépenses de l’ARTM, alors qu’ils ne représentent plus que 20 % aujourd’hui. Le manque à gagner anticipé de l’ARTM sera donc de 561,3 millions en 2025, une hausse marquée par rapport à 2024. Sur une période de quatre ans, jusqu’en 2029, on estime que ce déficit pourrait atteindre jusqu’à 700 millions.

À court terme, M. Gendron estime que son groupe aura donc besoin d’une « aide transitoire » gouvernementale de 421 millions l’an prochain. Le reste, soit 140 millions de dollars, viendrait des municipalités du Grand Montréal. « On va tous devoir faire des efforts. Il faut sortir de cette impasse », résume le DG de l’Autorité.

Des compressions de l’ordre de 50 millions seront pendant ce temps effectuées par les sociétés de transport en 2026, puis de 100 millions en 2027, et de 150 millions par année à compter de 2028. Ces coupes ne toucheraient pas le service ; on vise d’abord à « mutualiser » certains services pour économiser.

« La réalité, c’est qu’on utilise mal les ressources sur le territoire. Le fait qu’on ne puisse pas prendre de clients quand on change de territoire, ça fait en sorte qu’on n’optimise pas l’usage des véhicules », explique Benoît Gendron. Selon lui, les ressources en technologie de l’information des transporteurs de la région gagneraient également à être mises en commun.

À la Société de transport de Montréal (STM), le président Éric Alan Caldwell estime qu’il est « justifié de travailler sur le contrôle et l’efficience de nos dépenses ». « Cet exercice ne doit toutefois pas occulter l’autre partie de l’équation budgétaire, les revenus. Nous aurons le service qu’on décide collectivement de se payer, en y assurant des revenus conséquents. Il faut un financement adéquat pour préserver les niveaux de services », juge-t-il, ajoutant que « tôt ou tard, le transport en commun devra obtenir de nouvelles sources de revenus ».

Tout cela survient alors que s’amorceront bientôt de nouvelles négociations en vue de la mise sur pied d’un cadre de financement « récurrent et prévisible » sur cinq ans dans le transport collectif.

Plus tôt cette semaine, mercredi, l’Association du transport urbain du Québec a réclamé à Québec une aide de 622 millions pour les 10 sociétés de transport de la province. L’an dernier, les discussions pour 2024 s’étaient terminées abruptement après des semaines de négociations sur la place publique. L’aide gouvernementale pour 2024 avait été de 265 millions, dont 238 millions pour le Grand Montréal.



Lisez « L’heure des choix pour le transport collectif »

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