Trump seul avec les évangélistes. Abandon de Ron DeSantis

Ron DeSantis, aux positions fermes sur l’immigration et l’avortement, est arrivé deuxième lors des caucus de l’Iowa lundi, loin derrière Donald Trump, avec 21% des voix contre 51% pour l’ancien président. «Je ne peux pas demander à nos bénévoles de donner de leur temps et de leur argent si nous n’avons pas un chemin clair vers la victoire», a-t-il justifié dans sa vidéo. « J’ai eu des désaccords avec Donald Trump, comme sur la pandémie de coronavirus », mais « Trump est meilleur que le sortant actuel, Joe Biden », a ajouté l’homme de 45 ans. Son annonce intervient à deux jours des primaires dans le New Hampshire.

Aux États-Unis, le soutien des évangéliques à Israël ne faiblit pas malgré la guerre.

Depuis les années 1970, les réseaux évangéliques américains, blancs et conservateurs, soutiennent activement l’État hébreu. L’attaque du 7 octobre 2023 n’a fait que renforcer cet appui, et l’extrême violence de la réplique israélienne ne semble pas provoquer d’atténuation dans leur discours.

Il y a eu, en novembre dernier, la campagne de communication « Ne détournez pas le regard », avec des images d’otages israéliens détenus par le Hamas. Elle a, peu après, cédé sa place sur l’un des écrans géants de Times Square, à New York, à « Israël, tu n’es pas seule ». Dans ce spot de quelques secondes, on aperçoit pêle-mêle des bougies formant une étoile de David, un enfant brandissant une pancarte « Arrêtez le Hamas maintenant » et des manifestants tenant des drapeaux américains et israéliens.

Le montage est signé Christians United for Israel (CUFI), une organisation évangélique qui, du haut de ses dix millions de membres, s’autoproclame le groupe pro-Israël le plus important du pays. Fondé en 2006, il est dirigé par John Hagee, un pasteur et télévangéliste texan de 83 ans, connu pour ses propos controversés – en 2008, il avait notamment suggéré que Dieu avait « créé Hitler pour aider les juifs à atteindre la Terre promise »

Depuis l’attaque du 7 octobre dernier, sa mobilisation va bien au-delà des vidéos qui tournent en boucle à Times Square. Son groupe a levé 3 millions de dollars pour apporter une aide médicale aux rescapés et à leurs proches. Le pasteur a aussi participé à un grand rassemblement en soutien à Israël depuis Washington, en présence de 700 étudiants chrétiens et d’élus. « Les sionistes chrétiens montent la garde sur les murs de Jérusalem », avait-il averti. Il n’est pas le seul à se retrousser les manches. La mobilisation des leaders évangéliques prend des formes diverses : lettre de soutien de la puissante Conférence baptiste du Sud, envoi de volontaires sur place, levées de fonds et donation d’équipements – Franklin Graham, le fils du célèbre pasteur Billy Graham, a promis 21 ambulances, par exemple, lors de la visite d’un kibboutz frappé par le Hamas…

Théologie du dispensationalisme

Cette mobilisation en dit long sur l’importance de l’État hébreu aux yeux de cette communauté influente – les évangéliques représentaient 24 % de la population américaine en 2021. D’après Daniel Hummel, auteur d’un ouvrage sur les relations entre celle-ci et Israël (1), ce soutien s’explique par des facteurs théologiques. « Les chrétiens sionistes pensent que Dieu, à travers la Bible, a promis la terre d’Israël au peuple juif. D’autres croient qu’Israël et les juifs sont au centre d’un scénario de la fin des temps, point culminant des plans de Dieu pour la rédemption du monde, raconte l’historien. Certains affirment encore que l’État israélien et les États-Unis partagent des intérêts et un système de valeurs communs : ce sont tous les deux des démocraties et des piliers de la civilisation judéo-chrétienne… qui

Ces facteurs expliquent pourquoi certains responsables évangéliques ont applaudi la décision de Donald Trump de déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en 2017. Et plébiscitent l’ancien président qui souhaite revenir à la Maison-Blanche. D’un point de vue religieux, ce soutien massif des évangéliques blancs américains à l’État d’Israël prend racine dans une théologie ayant connu son véritable essor au cours du XIXe siècle, notamment sous l’impulsion du prédicateur John Nelson Darby. « La théologie du dispensationalisme est le moteur de cette pensée évangélique, analyse Sébastien Fath, chercheur au CNRS et spécialiste du protestantisme évangélique. Les dispensations opèrent un certain nombre de distinctions dans la Bible, notamment entre Israël et l’Église. »

Cette interprétation de plusieurs prophéties de l’Ancien Testament, mais également de passages bibliques dans l’Épître aux Romains ou dans le Livre de l’Apocalypse, soutient ainsi que le retour des juifs en Israël « précède de peu le retour glorieux de Jésus » sur Terre, la parousie, poursuit Sébastien Fath. « À partir du moment où le retour du peuple juif entre dans le plan de Dieu, s’y opposer c’est s’opposer à la volonté de Dieu. » D’où un soutien sans faille de toute une frange évangélique conservatrice à l’État israélien.

« Si le schéma eschatologique est une motivation puissante, elle n’est pas la seule », nuance Philippe Gonzalez, sociologue et professeur à l’université de Lausanne. Pour le spécialiste du protestantisme, ce sionisme chrétien est indissociable du nationalisme évangélique américain, convaincu que leur pays est béni. « La bénédiction des États-Unis serait le résultat d’une alliance passée avec Dieu, précise le chercheur. Dans différents pays dans lesquels il y a des leaders évangéliques soucieux de la prospérité nationale, il y a un fort soutien à l’État d’Israël car c’est une manière de rentrer dans le plan de Dieu. »

Un sionisme chrétien vieillissant

C’est pourquoi, depuis les années 1970, l’État israélien renforce ses liens avec la droite évangélique des États-Unis. À tel point que ses responsables ont pu être invités à prier dans l’enceinte de la Knesset, le parlement israélien. Un symbole fort. Pour perpétuer leur alliance, les sionistes chrétiens sont même prêts à abandonner l’un des piliers de leur croyance. « Les évangéliques ne font pas de prosélytisme en Israël, ce qui est pourtant leur raison d’être », relève Philippe Gonzalez. Une démarche dans laquelle s’inscrivent depuis plusieurs décennies des organisations comme CUFI ou encore l’International Christian Embassy in Jerusalem, qui œuvrent financièrement et matériellement pour l’établissement de colonies en Palestine.

Et après le choc de l’attaque perpétrée par le Hamas, la violence de la réplique de l’armée israélienne n’a pas fait changer les mentalités. « Les positions étaient déjà tranchées avant, estime Mokhtar Ben Barka, professeur d’histoire et de civilisation des États-Unis. Les prêches de certains pasteurs s’inscrivent dans le soutien à une logique d’éradication de l’ennemi, c’est-à-dire du Hamas. L’extrémisme du Likoud (parti du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, NDLR) résonne dans les milieux évangéliques nationalistes. »

De son côté, s’il juge l’ampleur de la mobilisation actuelle « inédite », à l’image de l’horreur du 7 octobre, Daniel Hummel précise que CUFI et les groupes similaires ne représentent pas l’ensemble de la communauté. « Comme dans le reste de la population, les évangéliques de moins de 40 ans sont moins susceptibles de soutenir Israël, remarque-t-il. C’est un point important pour le mouvement chrétien sioniste aux États-Unis. Il est vieillissant. Difficile de dire à quoi il ressemblera dans vingt ans. »

La moitié des catholiques américains soutient le gouvernement israélien

Alors que près de 68 % des évangéliques blancs soutiennent le gouvernement de Benyamin Netanyahou, ce chiffre est de 50 % seulement pour les catholiques aux États-Unis et de 51 % pour les protestants non évangéliques (luthériens et réformés).

D’autres Églises protestantes ont pris des positions plus proches des Palestiniens. L’Église presbytérienne américaine avait ainsi, à l’été 2022, dénoncé « l’apartheid » de l’État d’Israël.

Côté anglican, un an avant le début de la guerre, l’Église épiscopalienne avait condamné « l’occupation continue, la ségrégation et l’oppression du peuple palestinien ».

Les juifs des États-Unis sont quant à eux identifiés comme libéraux. Selon une étude du Pew Research Center, ils s’identifient à 71 % comme proches du Parti démocrate. Cet électorat avait largement rejeté Donald Trump dans les urnes en 2016, allié du gouvernement israélien.

JForum.fr et La Croix

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Pays où se trouve d'importantes communautés juives

France
39,903,419
Cas Confirmés
Updated on April 18, 2023 12:02 am
Belgium
4,786,803
Cas Confirmés
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Canada
4,641,301
Cas Confirmés
Updated on April 18, 2023 12:02 am
Switzerland
4,400,218
Cas Confirmés
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Israel
4,818,657
Cas Confirmés
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